Doyenné de Saint-Hippolyte

Bonnay (FR)

Abbaye St-Pierre-St-Paul de Cluny

Hippolyte

fesc_logo Created with Sketch. Clunisien de 1000 jusqu'en 1790

Ouvert à la visite : oui

Un site aux dimensions impressionnantes !

Le site est accessible toute l’année de l’extérieur. L’association Le Renouveau de Saint-Hyppolite a pour objet principal de valoriser cet ensemble patrimonial communal afin d’accompagner financièrement la commune, qui en est propriétaire, dans son aménagement touristique.

La puissance des moines dans le nord du Clunisois

Le doyenné Saint-Hippolyte de Bonnay dans l'émission Des Racines et des Ailes

L’obedentia (« obédience ») de Sancto Ypolito, qui se trouve à quinze km au nord de Cluny, est mentionnée dans les chartes clunisiennes dès le XIe s. Elle est constituée sur un très ancien lieu de culte, avec des terres que Cluny achète ou échange pour grande partie d’entre elles avec les seigneurs voisins d’Uxelles. Le très grand centre agricole qui est ainsi constitué compte finalement pas moins de sept moulins et s’étend sur trois paroisses ! Malgré une terre relativement pauvre, il fournit à l’abbaye de Cluny une production variée en bois, en vin et en céréales. Au-delà de sa vocation agricole, Saint-Hyppolite accueille également aux XIIe et XIIIe s. des règlements de conflits qui opposent les moines eux-mêmes aux familles seigneuriales voisines, comme celle des châtelains de Brancion-Uxelles. Ce doyenné est fortifié plus tardivement, au XIIIe s. Il est, avec celui de Mazille, parmi les six forteresses que l’abbaye possède dans un rayon de vingt km autour d’elle : il s’agit d’une pièce stratégique du dispositif domanial des moines dans le Nord-Clunisois.

Des vestiges impressionnants et singuliers

Les bâtiments de l’ancien doyenné font aujourd’hui partie intégrante d’une propriété privée. Les plus anciens sont datés du XVIe s. ; ils sont établis au sud des vestiges de l’église romane qui semble remonter, elle, au début du XIIe s. Si la couverture, la façade et les piliers de l’église ont disparu, les parties subsistantes restent impressionnantes par leurs dimensions : les murs de la nef, le transept et le chœur, flanqué de deux absidioles et surmonté d’un clocher reposant sur une coupole sur trompes.

Les vestiges du chevet de l'église

Les yeux avertis peuvent encore découvrir des vestiges de décors peints. On observe également quelques chapiteaux au décor végétal, dont deux réinstallés dernièrement sur leurs piliers originels, dans la nef. Le clocher doit son ampleur inhabituelle à la construction de deux corps de flanquement de part et d’autre du massif quadrangulaire d’origine. Cette fortification du XIIIe s. donne au clocher une allure de donjon, comme pour défier les châtelains voisins d’Uxelles et de Brancion. Souci de Cluny de marquer le paysage de sa puissance, puisque cette tour n’a de donjon que le nom !

Eglise Saint-Hippolyte, détails des vestiges